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Et si parfois, s’arrêter faisait aussi partie du chemin ?

il y a 19 minutes
8 min de lecture

Hello toi,

 

Ça fait longtemps.

Quelques semaines… puis quelques mois.

Et puis, sans vraiment m’en rendre compte, le silence s’est installé ici.


Le dernier article que j’ai publié parlait de surcharge émotionnelle. C’est assez ironique quand j’y pense aujourd’hui, parce que pendant que je t’écrivais sur ce sujet, je ne savais pas encore à quel point j’allais moi-même avoir besoin d’apprendre à m’arrêter.

 

J’aurais pu revenir ici en faisant comme si de rien n’était en écrivant un nouvel article ou en trouvant un joli sujet. Faire comme si ces derniers mois n’avaient été qu’une petite parenthèse.

 

Mais je crois que ce serait manquer quelque chose parce que ces derniers mois m’ont beaucoup appris : sur moi, mes limites, les autres, la fatigue, les déceptions et surtout… sur Dieu.

 

Ces derniers mois, beaucoup de choses se sont accumulées : un changement professionnel avec son lot de nouvelles responsabilités, d’adaptation, de pression et de situations que je n’avais pas forcément anticipées, la préparation d’un concours auquel j’ai énormément cru, des heures de travail, des révisions, des projections, des prières.

 

Je me suis imaginée réussir, partir en formation, vivre quelque chose que j’attendais depuis longtemps, découvrir un nouvel environnement, peut-être même changer complètement de quotidien.

 

Et puis je n’ai pas été retenue. Je savais que ce serait difficile. Je savais que les conditions n’étaient pas forcément en ma faveur. Mais j’avais espéré et cru.

 

Et parfois, même quand on sait rationnellement qu’une porte peut rester fermée, ça ne nous empêche pas d’avoir mal lorsqu’elle ne s’ouvre pas.

 

À cela se sont ajoutées les responsabilités dans différents services et activités, certaines que j’avais réellement à cœur et d’autres que j’ai probablement acceptées alors que je n’en avais plus vraiment la capacité.

 

Parce que je voulais aider.

Parce que je ne voulais pas laisser quelqu’un dans la difficulté.

Parce que je pensais pouvoir gérer.

Parce que parfois, dire « non » me donnait l’impression de décevoir.

 

Alors j’ai continué à dire oui. Encore et encore.

 

Jusqu’à ce que mon corps, mon cœur et ma tête commencent à me dire quelque chose que je n’avais pas envie d’entendre :

 

« Tu ne peux pas continuer comme ça. »

 

J’ai continué à avancer… mais je n’allais pas très bien

 

Le plus étrange avec la fatigue émotionnelle, c’est qu’on peut continuer à fonctionner : on se lève, on va travailler, on sert, on répond, on sourit, on accomplit ce qu’on doit accomplir.

 

Apocalypse 3v1-2 : “… je connais tes oeuvres. Je sais que tu passes pour vivant, et tu es mort. Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir ; car je n’ai pas trouvé tes oeuvres parfaits devant mon Dieu”

 

Et de l’extérieur, tout semble à peu près normal mais à l’intérieur, quelque chose s’est décalé.

 

On devient plus sensible.

Une petite remarque fait plus mal qu’avant.

Une situation banale nous bouleverse.

On a envie de pleurer sans forcément savoir pourquoi.

 

On commence à appréhender certaines choses qu’on faisait pourtant naturellement auparavant.

On voudrait simplement rester chez soi. Ne voir personne. Ne répondre à personne.

Avoir quelques heures pendant lesquelles personne ne nous demande rien.

 

Et puis il y avait aussi toutes ces choses que je pensais avoir dépassées : des incompréhensions, des paroles, des offenses ou des situations que j’avais essayé de remettre à Dieu sans forcément prendre le temps de reconnaître qu’elles m’avaient blessée.

 

Tu vois, je pensais avoir gardé mon cœur mais j’ai compris quelque chose : garder son cœur ne signifie pas faire semblant de ne pas avoir mal et ce n’est pas non plus un joli slogan à répeter.

 

Parfois, on peut penser pardonner, prier, continuer à servir… et avoir quand même besoin de reconnaître devant Dieu : « Seigneur, cette chose m’a fait mal. » et ce n’est pas un manque de foi.

 

Et puis il y a cette phrase : « Tu es forte ». Je crois que c’est l’une des choses qui m’ont le plus fait réfléchir ces derniers temps.

 

« Toi, tu es forte. »

 

Je l’ai entendue plusieurs fois, pendant longtemps, j’ai pris cette phrase comme un compliment.

Aujourd’hui, je me demande parfois ce qu’elle signifie réellement car être considérée comme fort(e) peut devenir une drôle de prison.

 

On suppose que tu vas gérer alors on ne vérifie plus vraiment comment tu vas du fait qu’importe la solution tu seras en mesure de trouver une solution.


On sait que tu pries alors on oublie parfois que toi aussi, tu peux avoir besoin qu’on prie avec toi.

On te voit servir, travailler, aider, conseiller, organiser, porter…

Alors on oublie que derrière toutes ces fonctions, il y a simplement une personne.

 

Une personne qui peut être fatiguée.

Une personne qui peut avoir peur.

Une personne qui peut être déçue.

Une personne qui peut avoir besoin qu’on lui demande : « Et toi, comment tu vas vraiment ? »

 

Parce que les personnes fortes ont aussi besoin qu’on prenne soin d’elles.

 

Et j’ai compris que je ne voulais plus que ma capacité à tenir devienne une raison pour laquelle personne ne pense à me soutenir.

 

Je crois que j’avais confondu force et capacité à tout supporter

Tu sais, il y a une différence entre être forte et être constamment en train de tenir.

Et peut-être que pendant longtemps, j’ai cru que ma force consistait à continuer malgré tout.

 

À ne pas me plaindre.

À trouver une solution.

À faire avec.

À prendre sur moi.

À pardonner rapidement.

À ne pas montrer que quelque chose m’atteignait.

À accepter une responsabilité supplémentaire parce que « ce n’est que pour un temps ».

À dire oui alors qu’au fond de moi, tout criait non.

 

Mais Dieu ne m’a jamais demandé de tout porter. Jamais.

 

Au contraire, la parole nous dit : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » 1 Pierre 5:7»

 

Ce verset est devenu différent pour moi : parce que se décharger sur Dieu signifie aussi accepter que certaines choses ne sont pas à porter seule.

 

Je n’ai pas été créé pour trouver ma valeur ou mon identité dans ce que je fais.

Je n’ai pas été créée pour prouver ma valeur par ce que je suis capable de supporter.

 

Et toi non plus.

 

Alors j’ai commencé à comprendre pourquoi j’avais besoin de m’arrêter : mon Coeur a été piqué/touché. Et vois-tu lorsque ton Coeur est touché tu es facilement ébranlable par les blessures, les paroles, la colère, le decouragement, les difficultés,… et ta vie vacille car notre Coeur c’est le centre de tout ce qui concerne notre vie.

 

Pendant quelques mois, j’ai délaissé certaines choses.Ce blog en faisait partie.

Et au début, j’ai eu cette petite voix intérieure qui me disait : « Tu devrais écrire. » « Tu prends du retard. » « Ton blog va mourir si tu ne publies plus. »

 

Mais peut-être que mon blog n’avait pas besoin d’une nouvelle publication, peut-être que moi, j’avais besoin d’un peu de silence.

 

J’avais besoin de respirer, de réfléchir, de pleurer parfois, de reconnaître mes limites, de comprendre que je ne pouvais pas être partout, de me recentrer sur ma mission et même la vision et de ce blog, de me rappeler que ma valeur ne diminuait pas simplement parce que je n’étais pas productive  et surtout de revenir simplement devant Dieu.

 

Parce que voilà une autre chose que j’apprends : on peut être tellement habitué à faire qu’on finit par culpabiliser de simplement être. Pourtant, Dieu ne m’aime pas davantage les jours où je suis productive. Il ne m’aime pas moins les jours où je suis fatiguée.

Je n’ai pas besoin de mériter Son amour par mon service.

 

Même ma déception devrait trouver sa place devant Dieu, je n'ai pas toutes les réponses, je ne sais pas encore exactement à quoi ressemblera la suite et peut-être que c'est justement ça que Dieu veut m'apprendre dans cette saison : faire confiance sans avoir besoin de connaître toute la suite.

 

J’aime cette parole qui dit : « Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. » Proverbes 3:5-6

 

Remarque quelque chose, il est dit : « Confie-toi. » pas « Comprends tout. »

Il est dit : « Reconnais-le. » pas « Contrôle tout. »

 

Et notre foi devrait parfois ressembler davantage à cela. À une confiance qui dit : « Seigneur, je ne comprends pas, mais je choisis quand même de Te faire confiance et je rend grâce »

 

Je ne veux plus simplement fonctionner. Je veux vivre pour toi et par toi.

 

Alors me revoilà.

 

Pas parce que tout est réglé.

Pas parce que j'ai trouvé toutes les réponses.

Pas parce que je suis devenue une version parfaitement équilibrée de moi-même.

Mais parce que je crois que ce que nous traversons peut aussi devenir un lieu de croissance.

 

Ces derniers mois m'ont rappelé que j'ai besoin de prendre soin de mon âme, apprendre à dire non,  demander de l'aide au besoin, que je peux être fatigue et c’est okay, que je peux être déçue, que je peux ne pas comprendre, que je peux être forte et avoir besoin d'être portée.

 

Et surtout…que je n'ai pas besoin d'attendre d'être complètement épuisée pour m'autoriser à ralentir.

 

Alors peut-être que cette nouvelle saison du blog sera advantage authentique et parlera de nous, de nos émotions, de nos relations, de nos limites, de nos saisons de vie, de notre foi quand les choses ne se passent pas comme prévu ou de ces moments où nous avons besoin de revenir à l'essentiel.

 

Parce qu'au fond, c'est aussi cela que signifie avoir une âme qui a soif d'exister.

 

Pas chercher à remplir chaque minute.

Pas essayer d'être utile à tout prix.

Pas courir après une version parfaite de soi mais apprendre à habiter sa vie : à être présente, à aimer, à grandir, à se connaître, à rechercher Dieu, à tomber et se relever, à laisser Dieu nous rencontrer aussi dans nos fragilités et à comprendre que notre vie ne perd pas sa valeur simplement parce qu'elle traverse une saison difficile.

 

Alors, Hello toi…

 

Si toi aussi tu traverses actuellement une période où tu as l'impression de devoir tout gérer…

Si tu es fatigué(e) d'être « la personne forte »…

Si tu as dû faire face à une déception que personne ne mesure vraiment…

Si tu as accepté trop de choses parce que tu avais peur de décevoir…

Si tu souris alors qu'à l'intérieur, tu aurais simplement envie que quelqu'un te demande sincèrement comment tu vas…

 

J'espère que tu te rappelleras ceci :

Tu as le droit de ralentir.

Tu as le droit de demander de l'aide.

Tu as le droit de prendre soin de toi.

Tu as le droit de dire non.

Tu as le droit de pleurer.

Tu as le droit de ne pas avoir les réponses.

Et tu as surtout le droit de te souvenir que tu n'es pas seul(e).

 

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

Matthieu 11:28

 

Car vois-tu, le repos que Dieu veut nous donner n'est pas toujours la disparition immédiate de nos problèmes parfois c'est Sa présence au milieu d'eux.

 

Alors je ne reviens pas ici avec toutes les réponses.

Je reviens convaincue que c'est possible de se se relever, d'apprendre à poser des limites, de recevoir autant qu'elle donne, que Dieu est toujours Dieu fidèle même quand une porte se ferme.

 

Tu peux avoir beaucoup de questions mais refuse de laisser ton cœur et ta vie être pollué par les évènements mais reviens simplement au père dans ton état : juste lui et toi.

 

Et si, tu prenais quelques minutes aujourd'hui pour regarder au dedans de toi sans filtre et en toute sincérité pour te demander :

 

Est-ce que je vais vraiment bien ?

Qu'est-ce que je porte qui ne m'appartient pas ?

Qu'est-ce que j'ai accepté alors que j'aurais dû dire non ?

De quoi mon âme a-t-elle réellement besoin aujourd'hui ?

 

Peut-être que tu n'as pas besoin de tout changer.

Peut-être que tu as simplement besoin de reprendre ton souffle.

 

Et parfois…s'arrêter fait aussi partie du chemin.

 

À très vite,



Avec bienveillance et amour, Emma 🌷


 

Une âme qui a soif d'exister !


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