La blessure de la trahison : quand le cœur apprend à se protéger
- amelirmabila
- 17 déc. 2025
- 6 min de lecture

Hello toi,
Aujourd’hui, j’avais envie de te parler d’une blessure dont on parle peu, mais qui influence énormément notre manière d’aimer, de faire confiance et même de croire : la blessure de la trahison.
C’est une blessure discrète. Elle ne se voit pas toujours. Elle ne s’exprime pas forcément par des larmes. Mais elle agit en profondeur et change notre posture intérieure.
La trahison naît souvent là où il y avait une attente sincère, une parole donnée, une promesse, un engagement parfois même non formulé, mais ressenti. Quelque chose avait été confié, déposé, espéré… et cela n’a pas été respecté.
La blessure de la trahison apparaît lorsque la personne en qui nous avions placé notre confiance n’a pas tenu ses engagements. Cela peut venir très tôt, dans l’enfance, avec un parent ou une figure d’autorité. Mais cela peut aussi survenir plus tard, dans une relation amoureuse, une amitié, un cadre spirituel ou professionnel.
Ce n’est pas seulement l’acte qui blesse mais aussi ce qu’il vient fissurer à l’intérieur : la sécurité.
Alors le cœur apprend, il s’adapte, il tente de se protéger et souvent, cette protection prend la forme du contrôle.
On devient cette personne qui anticipe, qui gère, qui prévoit ne voulant plus dépendre des autres. En apparence, on est fort(e), stable, organisé(e). Mais à l’intérieur, il y a une tension constante, une vigilance qui ne se repose jamais. On finit par beaucoup soupçonner le mal chez les autres pour justifier son désir de ne pas s’engager émotionnellement.
Comme si quelque chose murmurait :« Si je contrôle, je ne serai plus surprise. Si je contrôle, je ne serai plus trahie. »
Vois-tu, il s’agit ici du masque du contrôlant. Ce n’est pas un masque de domination, mais un masque de protection. Derrière, il y a une peur très profonde : celle de faire confiance à nouveau et de revivre la même douleur.
Pourtant, la Bible nous rappelle que le contrôle ne donne jamais la paix.
Psaume 37v5 : « Recommande ton sort à l’Éternel, mets-en Lui ta confiance, et Il agira. »
Il y a une différence entre être responsable et vouloir tout porter seul(e). Et très souvent, la blessure de la trahison nous pousse à porter des poids qui ne nous appartiennent pas.
La trahison traverse toute la Bible et n’est jamais minimisée. David en parle avec des mots très forts, parce que la trahison vient généralement d’un proche est toujours plus douloureuse : Psaume 55v13-14 : « Ce n’est pas un ennemi qui m’outrage… mais toi, mon égal, mon confident, mon ami. »
Jésus lui-même a connu la trahison. Trahi par Judas. Renié par Pierre. Abandonné par ses disciples. Jean 13v18 : « Celui qui mange le pain avec moi a levé son talon contre moi. »
Cela nous rappelle une chose essentielle : être trahie ne signifie pas avoir mal aimé mais avoir aimé pour de vrai.
Avec le temps, cette blessure peut se manifester de différentes manières : une difficulté à déléguer, une peur de dépendre émotionnellement, une exigence élevée envers les autres, une colère intérieure quand les promesses ne sont pas tenues et parfois, une dureté envers soi-même.
Spirituellement aussi, la blessure de la trahison peut laisser ou une distance. On croit en Dieu, mais on garde une réserve du style : « Dieu est capable de faire ceci mais pas pour moi ». On prie, mais on a du mal à s’abandonner complètement. Comme si le cœur disait : « Je crois… mais je reste vigilante. »
Pourtant, la Parole nous invite à venir/vivre sans armure car à la vérité on n’est pas seul(e) : Psaume 34v19 : « L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé. »
La guérison commence quand on accepte de reconnaître la blessure. Sans la minimiser. Sans la spiritualiser trop vite. Psaume 147v3 : « Il guérit ceux qui ont le cœur brisé, et Il panse leurs blessures. »
Guérir la blessure de la trahison implique d’observer honnêtement notre rapport au contrôle. Se demander : qu’est-ce que j’essaie de maîtriser par peur ? Où est-ce que je refuse de lâcher prise ? Et pour quels motifs ?
Si tu te reconnais dans ces lignes, j’aimerais te dire une chose : tu n’es pas cassée. Tu t’es adaptée, tu as fait comme tu as pu pour survivre émotionnellement.
La blessure de la trahison a fait de toi une personne qui a appris à se protéger. Et aujourd’hui, ton cœur n’a plus besoin de cette armure-là.
Guérir, ce n’est pas effacer le passé c’est ne plus le laisser diriger le présent.
Prends un instant. Respire. Et si possible, lis ces questions lentement et répond y dans un carnet ou autre ;
– À quel moment de ma vie ai-je ressenti une trahison qui m’a profondément marquée ?
– Qu’est-ce que cette expérience a changé dans ma manière de faire confiance aujourd’hui ?
– Dans quels domaines ai-je développé un besoin excessif de contrôle pour me sentir en sécurité ?
– Qu’est-ce que je crains réellement si je lâche prise ? Être déçue encore ? Être dépendante ? Être vulnérable ?
La blessure de la trahison nous pousse souvent à nous appuyer sur nos propres forces alors que la Bible nous invite à nous tourner vers le père et nous décharger sur lui de tous nos soucis, de tout ce qui nous pèse et dont parle on n’ose pas souvent parler : 1 Pierre 5v7 « Déchargez-vous sur Lui de tous vos soucis, car Lui-même prend soin de vous. »
Demande-toi aussi :– Suis-je prête à transférer peu à peu ma sécurité de l’homme vers Dieu ?– Suis-je disposée à laisser Dieu guérir mon cœur, même si cela implique de déposer certaines protections ? de pardonner ?
Une chose importante que tu dois savoir c’est que le pardon, lorsqu’il s’agit de trahison, est souvent l’étape la plus sensible parce que la mémoire se souvient et que la confiance a été brisée à un endroit précis.
Mais, Pardonner ne signifie ni excuser ce qui a été fait, ni nier la douleur ressentie. Le pardon est avant tout un acte de libération envers soi-même qui change la charge émotionnelle : il permet de se détacher émotionnellement de la situation qui a blessé, afin de ne plus rester liée à elle par la souffrance.
La Bible va dans ce même sens, en présentant le pardon comme un chemin vers la liberté du cœur : Luc 6v37 « Pardonnez, et vous serez pardonnés. »
Pardonner après une trahison ne dépend pas de ce que tu ressens mais c’est une décision que tu dois prendre. C’est souvent un processus progressif, fait de prises de conscience, de larmes parfois, et de décisions répétées.
Mais à mesure que le pardon s’installe, le cœur se libère de l’amertume, du ressentiment et du besoin de justice personnelle. La Parole nous rappelle que garder la blessure ouverte finit par nous enfermer davantage que la trahison elle-même :Hébreux 12:15 « Veillez à ce qu’aucune racine d’amertume ne pousse et ne cause du trouble. »
Pardonner, ce n’est pas oublier, ni rétablir automatiquement la relation. C’est accepter de confier la justice à Dieu et de choisir la paix intérieure plutôt que la douleur entretenue. Et parfois, le pardon est aussi une manière de se pardonner à soi-même d’avoir fait confiance.
Et si tu es ici, en train de lire ces mots, ce n’est sans doute pas un hasard. Je t’invite à faire cette prière avec moi :
Seigneur Jésus,
Je viens à Toi avec ce que je suis, pas avec ce que je devrais être.
Je viens avec ce cœur qui a appris à se fermer, à contrôler, à se méfier… parce qu’il a eu mal.
Tu sais où la trahison m’a marquée.
Tu sais ce que j’ai perdu ce jour-là.
La confiance. La sécurité. La simplicité.
Aujourd’hui, je Te demande de venir là où j’ai mis des barrières.
Viens toucher ce besoin de tout maîtriser.
Apprends-moi à déposer ce qui ne m’appartient pas.
Je Te donne ma peur d’être déçue encore.
Je Te donne mon besoin de contrôle.
Je Te donne cette blessure que je porte parfois sans même m’en rendre compte.
Guéris mon cœur, Seigneur, apprend moi à t’aimer et me laisser aimer par toi ;
Au nom de Jésus, Amen.
Avec bienveillance et amour ;
Emma, une âme qui a soif d’exister !




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